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Confine-mots
Texte: Ladywoud

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Confine-mots<br>Texte: Ladywoud

Rencontre inattendue

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Nous a t »on appris ou laissé le choix de vivre? Ne nous a-t-on pas imposé une forme de réussite? Etude, boulot, mariage, enfant, retraite, solitude, funérailles élogieux voir pompeux? La tendance d’un parcours atypique, c’est à dire une vie hors ces normes n’est-elle pas si bien qualifiée de « vie ratée ».

Maisonnée, boulot, autres activités, vie sociale s’il en reste, chacune mes journées très rythmées sur la piste du temps dans une course interminable, au point qu’aucune nuit de sommeil adéquate ne rompt (de si loin que je me souvienne) ce cycle continu. Et voilà ce » con » de virus « finement » installé s’approprie une société, puis une autre et entraine le monde dans sa frénésie surprenante, impromptue. L’effet surprise qui accompagne la brutalité de la chose impose: distanciation avec les autres, renonciation de valeurs imposées, rejet des socles baptismaux, reniement des fondamentaux obligatoires et incontournables. Clivage obligé, solitude forcée. Un saut pour un grand plongeons conduisant tout droit à un emprisonnement avec soit même, pour les plus chanceux avec les siens.

Soulagement soudain? Adieu l’audacieuse hypocrisie des bonjours, sourires et de la traditionnelle question » comment ca va » code [email protected] # ca va#

D’un autre coté, adieu les pieux prétextes de contretemps :

Aux parents, dont je n’avais plus les nouvelles, car aujourd’hui le temps se donne pour apprécier chaque rire dessiné par la dernière ride imposant le charme d’un visage de parcours, d’histoire d’amour pour le moins de sacrifices.

A la famille, avec laquelle je limitais les échanges par peur de remontrances et de commentaires trop cru, trop vrai, ennuyeux ou tout simplement en désaccord avec ma vision, mes choix. Le temps de tous les regarder en face et de retrouver mon histoire dans ce coin oublié de ma mémoire. Le temps que je réalise que les muscles de mon père laissent place à un confort moelleux avec l’âge, et que ma mère ne dégage plus la fraicheur de la belle jeuneuse plutôt celle d’une grande âme. Même a des kilomètre les appels vidéo m’ont bien affiché ce beau tableau. Un baume au cœur!

Je sors de mes réflexions, le temps presse encore aujourd’hui car faut-il bien que je me rende au bureau de la très jeune officière d’immigration se trouvant sous le lit de ma cadette. Je dois me procurer un passeport pour le pays des licornes afin d’être aux premières loges du 1er défilé prêt à porter  » poupées » Collection soignée, de cette  » Famous Designer » de 8 ans. Cet endroit imaginaire se situe bien au milieu des arc en-ciel

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Un défilé ?

-Maman tu dois être belle! lance t-elle

Alors, ne le suis-je pas suffisamment? je me regarde alors dans le miroir. Et oui ! il y a tant à faire. Sans la touche magique du fond de teint, une peau en détresse ne demande qu’à être choyer. Un nettoyage en profondeur s’impose. Etant donné qu’ il est impossible de se rendre chez l’esthéticien pour une épilation des sourcils, j’opte un soin du visage à base de ces aloe- verra majestueusement installés au jardin. Cette délicate attention va s’étendre aux main, aux pieds et corps tout entier. Je remercie les « tutos youtube » avant de m’étaler dans la baignoire que je n’avais utilisé depuis des lustres .

Sortie du bain, je m’essuie devant le miroir, OMG! je regarde mon ventre qui déborde de la culotte et quelques cratères formée par l’accumulation de cellulites sur mes jambes. Ce que me renvoi le miroir ne me plait pas autant que ma silhouette d’antan… je n’ai jamais pu me consacrer vraiment au sport à cause de ma routine trop lourde, et mon absence de réelle motivation. Je saisi mon tel, par coïncidence, je tombe avant toute recherche sur un challenge « silhouette de rêve » lancé par quelqu’un qui n’a pas le temps de s’ennuyer avec le confinement. Plus d’excuse bidon! C’est partie, je m’enregistre pour ce nouveau challenge et j’entraine mon chéri avec moi dans cette aventure « chasse bedaine »

Je m’imagine reconquérir mon chéri avec mon corps soigneusement sculpté. Du coup je n’aurai plus de raison d’être secrètement jalouse lors ce que d’autres s’exposent en bikini sur la plage et que lui peine à détourner son regard (film dans ma tête). Soudainement ma créativité reprend le dessus dans ma tête, je n’attendrai pas la renaissance de ce corps pour entrainer mon homme dans de nouvelles folies et le charmer. Le temps s’offre pour les soirées animés, jouer la garce, faire la grâce mâtinée, et se lover l’un contre l’autre. Face au miroir je retravaille mon clin d’œil coquin, mes postures tendancieuses, aguicheuses, audacieuses et ses regards qui n’expriment rien de la pudeur. Une femme certainement descente mais allumeuse pour « mon homme » qui m’est si cher. La femme que je suis encore s’entraine à redevenir mi-pute, mi-sage, sensuelle et folle, à recréer l’érotisme qui manque tellement à notre couple. j’essaie d’écarter les jambes aussi grand que mes articulations rouillées me le permettent, je me baisse et remonte, je me penche, me déhanche pour voir si le temps a eut raison de ma souplesse? Youpi! Dieu merci tout va bien à ce niveau. Je m’en vais quand même répéter une chorégraphie et des scenarios. Trop excitée, je file à la cuisine car tout ca me donne faim.

Les repas sont simples mais suffisants. Parfois, recette improvisée en évitant tout surplus car sortir faire les courses n’est pas ce qui me tente le plus. Et encore, je suis au chômage depuis l’arrêté du confinement… Je m’applique à une gestion stricte et minutieuse de mes ressources. Invraisemblablement je ne m’attarde pas à m’inquiéter. Chaque matin amènera son miracle. Je vais devoir sans doute me mettre au jardinage, un potager de légumes et d’herbes pour commencer…. N’est elle pas belle la vie ? je réalise l’immensité de mon désir de vivre une vie que je n’ai jamais autant aimé.

Sentant la fatigue me gagner, je plonge dans le lit avec un sentiment de béatitude et m’apprête à rabâcher cette courte prière routinière. Mais non! J’ai le temps ce soir de m’accorder, un vrai moment de prière et d’adoration. Je change alors de position pour m’agenouiller devant le lit . Je suis reconnaissante Seigneur en cette journée d’avoir réaliser que rien ne compte plus que ce qui compte vraiment. Merci. Je te prie pour ceux qui sont en proie à ce virus, qui souffrent loin de chez eux. Hum… toi seul sait s’ils rentreront.Qu’au précieux nom de Jésus, il leur soit accordé la guérison assurée par les meurtrissures à la croix. Soutiens père ceux qui travaillent et qui se dévouent à cette cause humanitaire effroyable, ainsi que ceux qui continuent de faire tourner le monde en cette rude période. Bien que la conséquence de cette pandémie m’ouvre les yeux sur la quintessence de mon existence, j’implore que sa course ravageuse s’arrête incessamment. Qu’à la fin chacun de nous tire les leçons favorables à notre accomplissement personnelle, qui conduira probablement à l’harmonie avec tous les êtres et avec la terre elle-même. Console les affligés en ce jour, apporte le réconfort matériel et la paix nécessaire à ceux dans le besoin. Me faisant l’héroïne de ma vie, la super l’héroïne du monde rien qu’ en restant chez moi, apprends moi Seigneur à bien compter mes jours afin d’appliquer mon cœur à la lumière de la sagesse. D’un cœur infiniment reconnaissant, je reçois ta paix et je m’endors car demain ma vie sera mienne!

Ladywoud, mars 2020

Martinique

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