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Confine-mots
Texte : Rosemonde Grand Champs Valentin

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Confinement

A travers la fenêtre de ma chambre
La silhouette de ma voiture verte Emeraude
Nulle part ou aller en ce temps de confinement
Peu importe combien est luxueuse ma maison
Les vêtements par ordre de couleur
Eh ! bien garni ma chaleureuse garde-Robe
Mes sacs, mes chaussures et mes maquillages
Ne m’intéressent plus comme hier

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Sur ma table de chevet en bois de cèdre vernis
Mon téléphone en couverture de bouton d’or
Ne vibre plus au premier chant du coq de l’angélus
Pour m’alerter le rendez-vous habituel
De première heure avec les démarcheurs de la boite
Hélas ! mon économie se parachutera-t-elle ?

Au beau milieu de mon salon bleu turquoise
Le bruit du vacarme de toute la famille réunie
Me rappelle qu’il est aussi précieux ce moment
D’être ensemble grands et petits
Même si la peur ébranle le cœur de chacun en silence
Mais le confinement a son importance
Peu importe nos distances l’un contre l’autre

Aujourd’hui est Vendredi, le début du week-end
Partout dans les villes et dans nos quartiers
Je n’entends plus le son des boites
Mes filles, mes cousines n’existent plus
De chercher en fredonnant de Bossa Nova
Les tenues les plus excitantes pour la fête de ce soir
Leurs portemonnaies jetés sur le tapis violet rond
Sans aucune attention de valeur qu’elles contiennent

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Au beau matin du sacré dimanche de Pâques
Les clochers de la paroisse ne sonnent plus
Sur le divan de ma chambre châtaigne
Dépose ma robe de satin, mon chapeau jaune d’or
Dommage ! les auditoriums et les églises sont vides
Aucun Evangéliste ni Adept de spiritualité
Ne peut transmettre le message divin
Au creux de mon cœur l’esprit du Dieu vivant
M’inspire sa puissance dans mon silence
« Ton intérieur voilà mon temple, ma demeure
Moi Dieu le Maitre de toutes les églises, Temples et autres
Je dépasse le pouvoir de ce maudit virus »

Un grand soupir d’encouragement m’envahit
« L’air que je respire est-il gratuit ? je me questionne »
Je marche vers le réfrigérateur au couleur gris de lin
Brusquement mon fils me jette un regard attentionné
Le bruit de la sirène rouge écarlate
Est stoppé juste devant la maison en face de chez-nous
D’une grande curiosité aux fentes des rideaux lavande
La silhouette d’une personne dans une longue civière
Portant par quatre personnes complètement masquées
Allongée inerte, à la tête danse, piaffe ricane
Une boule chanterelle chargée d’épines piquantes

Désespérée et tremblée de peur je tourne le regard
Vers mon fils pour partager ma tristesse de cette veuve voisine
Un choc émotionnel m’envahit brusquement
Il a déjà pris une grande distance de ma présence
Sous ses grands yeux de couleurs safran
Grâce à sa chemise en camisole bleu sur son jeans blanchi
Me permet de lui distinguer sur son masque de coton blanc
Et ses mains gantées d’une paire de plastique transparent
Son regard inquiet et peureux derrière ses nécessités
Transperce mon cœur du plus profond de mon être

Je recule de deux pas vers l’arrière, descente sur mes genoux
Médite et laisse couler mes larmes sur mon visage
Malgré ma grande croyance dans la Prophétie de Dieu
D’un soupir profond, j’ai pris l’engagement de respecter
Les consignes des autorités et me confiner en toute quiétude
En bon enfant de Dieu, et femme de bon sens
Je reste chez-moi, je ferme ma porte à double tour
Rentre dans ma chambre me prosterner devant Dieu
Et attendre passer sa colère il nous avertissait
Dans sa Sainte Ecriture, selon la Sainte Bible
Jusqu’à ce qu’il mette un terme à cette cruelle Reine de la mort
Qui se nomme Covid-19 ou Coronavirus

Rosemonde Grand Champs Valentin
Poète changement, Orlando Floride, Avril 2020

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