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Rhum Bakara, une entreprise 100% Haïtienne

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Le rhum Bakara change de statut pour se muer en une eau-de-vie produite entièrement en Haïti grâce à une savante distillation des mélasses de la canne à sucre –le kleren – achetées à des producteurs locaux. La nouvelle a été annoncée au public le samedi 5 septembre dernier au moyen d’une journée porte ouverte organisée à l’intention de la presse dans les locaux de la nouvelle usine de la compagnie située dans la commune de la Croix-des-Bouquets.

Etendue sur une superficie de 60 000 pieds carrés abritant à la fois l’administration et l’usine ultramoderne, et construite sur l’habitation Estimé, initialement dévouée à l’agriculture et à l’exploitation de produits agricoles, cette fabrique fait la fierté de son propriétaire, Jacques Eric Baboun, le P.D.G. de rhum Bakara.

Pour Jacques Eric Baboun, 10 ans plus tard, il s’agit d’un rêve devenu réalité : Bakara est enfin un rhum haïtien. À l’entendre parler, cette usine n’est que la première étape d’une stratégie bien ficelée, car il compte s’en servir comme cheval de Troie afin d’en finir une fois pour toutes avec le mythe « Bakara n’est pas haïtien ».

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L’origine de ce mythe a eu la vie aussi dure du fait que le rhum Bakara pendant des années était importé de la République dominicaine. « Le rhum Bakara se vendait sur le marché haïtien sans pour autant avoir l’étiquette de produit local », a reconnu Elmilus Joselord, responsable marketing de la compagnie, avant de prendre le contrepied de la croyance populaire tendant à faire croire que Bakara est un produit dominicain. « C’est archifaux !», a protesté Joselord.

Dans le temps, a-t-il poursuivi, Jacques Eric Baboun importait un autre rhum sur le marché local et, suite à un différend avec son fournisseur, il a fait le pari de lancer son propre rhum.  Mais le tremblement de terre de 2010 est passé là et a détruit les bases de l’usine qui, à l’époque, était en construction. L’entrepreneur s’est vu obligé de confier la production du rhum à une distillerie dominicaine.

10 ans plus tard, c’est un Jacques Eric Baboun fier comme Artaban qui nous a ouvert les portes de sa nouvelle usine pour nous faire visiter ses installations : le système de traitement d’eau, les tanks de stockage d’eau et de « kleren », l’impressionnant système anti-incendie (l’alcool étant un produit hautement inflammable), la salle de vieillissement contenant pour l’instant 2000 fûts de chêne, le laboratoire hypersophistiqué, la salle des machines où ont lieu l’embouteillement, l’emballage et la mise en caisse, etc.

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En rapatriant les opérations de production de rhum Bakara sur le terroir, l’entrepreneur haïtien dit vouloir ainsi contribuer au renforcement de la chaine de valeur haïtienne, soutenir les producteurs locaux – producteurs de canne à sucre et tenants des guildiveries – et enfin contribuer à la création d’emplois directs et indirects à travers le pays.

« Rhum Bakara ne m’appartient plus, il appartient au pays. Non seulement il est un produit haïtien, mais aussi il n’est détenu par aucun étranger », a tenu à clarifier Baboun.

Pour l’heure, l’usine fournit une cent-cinquantaine d’emplois directs. Baboun ne tarit pas d’éloges sur les techniciens issus du centre technique Canado opérant à la salle des machines où rien de tout le processus ne se fait à la main. Pointilleux et ne lésinant pas sur la qualité, il a embauché un chimiste cubain expérimenté qui s’en va, précise-t-il, deux ans après s’être assuré d’avoir formé la relève locale.

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« Cette usine est une première étape. On a d’autres projets en tête… », a révélé Jacques Eric Baboun qui, après avoir investi dans l’emballage, voit déjà installer sa propre guildiverie. « Aujourd’hui, on achète le « kleren ». Vu la demande que j’ai, on aura besoin de beaucoup de « kleren » car nous allons produire aussi pour l’exportation. Nous sommes en pourparlers avec beaucoup de producteurs locaux de « kleren » qui vont s’allier pour nous fournir du « kleren » de qualité. »

L’autre étape du projet, à en croire M. Baboun, consiste à investir dans la production de canne à sucre. L’entrepreneur a également l’intention d’installer une usine pour distiller l’alcool 95, un des trois éléments nécessaires dans la préparation du rhum. Il rêve de produire son propre alcool 95 et son propre « kleren ».

Pourtant, tout n’a pas été rose pour Baboun et son équipe. Au contraire.  Le plus grand obstacle rencontré jusqu’ici, selon Elmilus Joselord, est la perception généralisée que le rhum Bakara n’est pas un produit haïtien. Cela a servi de source de motivation pour la famille Baboun qui a mis les bouchées doubles afin de construire cette usine entièrement financée par une banque locale et la famille Baboun.

En termes de défis, outre l’instabilité grandissante et la contrebande omniprésente, Jacques Eric Baboun s’est épanché sur les difficultés liées à l’obtention de la franchise. « La croix et la bannière », pour paraphraser ce dernier qui n’en revient toujours pas de tous ces écueils alors que ses investissements représentent un gage pour la création d’emplois et de richesse dans ce pays. Malgré tout, il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin ni baisser les bras. Il continuera d’avancer, affirme-t-il, résolu, pour atteindre le bout de son rêve qui n’est autre que de faire de son entreprise la nouvelle génération du rhum en Haïti.

« Notre rhum 18 ans d’âge vient de décrocher une médaille de bronze au World Spirit de San Francisco, l’une des plus prestigieuses compétitions de rhum au monde », s’est félicité Baboun, projetant d’exporter son rhum aux quatre coins du monde pour faire rentrer des devises dans le pays.

Magnanime, il tend les bras aux potentiels entrepreneurs. « Cette usine n’est pas destinée à produire uniquement le rhum Bakara. Elle est là pour desservir tout autre entrepreneur intéressé à produire toute autre boisson alcoolisée », a fait savoir Baboun avant de clamer son respect pour son compétiteur local.

« Nous respectons beaucoup la compétition. Le compétiteur n’est plus seul sur le marché. Nous envisageons à la fois le marché bas et haut de gamme. Nous produisons pour toutes les bourses », a déclaré Jacques Eric Baboun, qui n’a pas pu nous révéler sa part de marché exacte.

Qu’à cela ne tienne ! La visite des lieux s’est conclue sur ces derniers mots du responsable de marketing appelant tous les adultes à consommer Bakara pour, dit-il, aider la production nationale. Rhum Bakara est une compagnie très impliquée dans le social, selon Elmilus Joselord, comptant beaucoup d’artistes comme ambassadeurs, qui sponsorise à grands frais les manifestations culturelles (carnaval, fêtes champêtres, etc.), les championnats de football…

Patrick Saint-Pré LE NOUVELLISTE

 

 

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