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Barack Obama devient producteur pour Netflix et c’est tout à fait logique

Après deux mandats à la Maison-Blanche, les Obama se sont convaincus que le seul vrai pouvoir est celui de mettre en récit le monde.

Barack Obama a le sens du timing. La bande-annonce a été diffusée quelques jours avant le 1er mai. On y voit des travailleurs américains de différents secteurs d’activité, hôtellerie, soins à domicile, technologies, mais surtout, on y entend dès les premiers plans la voix de Barack Obama, posée, précise, pédagogique, avant qu’il n’apparaisse lui-même à l’écran, figure lisse et charismatique, incarnation même de la bonté et de l’empathie.

La série, diffusée par le géant du streaming américain Netflix à partir du 17 mai, se veut une vaste enquête sur ce continent méconnu et en grande partie recouvert par les voiles de la publicité qu’est le travail, ses différentes facettes, les mutations qui le façonnent à l’insu de tous. Intitulée Working: What We Do All Day («Travailler: voilà ce que nous faisons tous les jours»), la série a été produite par Concordia Studio et Higher Ground, une société de production fondée par le couple Obama en 2018, qui a notamment racheté les droits de distribution du documentaire oscarisé American Factory.

Inspirée par le livre éponyme Working de la grande figure de la gauche américaine Studs Terkel (1912-2008), la série interroge le rapport des Américains au travail et à ses évolutions. «Qu’est ce qui arrivera s’ils vous remplacent par des machines?» se demande la voix off de l’ex-président.

Mais l’ancien président se veut moins économiste ou sociologue que narrateur, storyteller, une ambition qu’il a moult fois réaffirmée depuis la fin de son mandat à la Maison-Blanche. C’est la grande affaire de sa post-présidence, raconter, une ambition répétée en toutes occasions. Les histoires nous permettent de mieux nous comprendre, de nous connecter les uns aux autres et de mieux faire face aux dangers qui menacent la planète. C’est le credo du storyteller. La religion de la narration dans laquelle le pouvoir des histoires semble avoir pris le relai de l’action politique. Faute de pouvoir changer le monde, produisons-le! Créons de bonnes histoires, en quoi l’on puisse croire, des séries «we can believe in».

Un événement qui signale à lui seul un changement d’époque

Jusque-là les anciens présidents des États-Unis se contentaient d’écrire leurs mémoires, de se dédier à leur «bibliothèque présidentielle» ou à une fondation à leur nom. Certains, comme Jimmy Carter, ont consacré leur seconde vie à la résolution pacifique des conflits internationaux, à l’observation de la tenue des élections dans le monde entier, à la défense des droits humains, etc. Pour Carter, avec plus de succès d’ailleurs que pour sa première vie de président: il fut récompensé par un prix Nobel de la paix, en 2002. Barack Obama, lui, ne fait rien comme ses prédécesseurs. Libéré des charges de la présidence et laissant la Maison-Blanche à son plus farouche ennemi, le voilà qui commence une carrière de producteur de séries télévisées.

Obama a quitté la Maison-Blanche, devenue pendant huit ans le décor d’une série télévisée, scénarisée dans ses moindres détails et dans sa mise en récit dont le couple présidentiel était le héros. Mais désormais, leurs mémoires publiées et devenues des best-sellers mondiaux, le couple présidentiel a décidé de se consacrer à une mission d’intérêt général: réconcilier les Américains avec leur histoire. Après deux mandats à la Maison-Blanche, les Obama se sont convaincus que le seul vrai pouvoir est celui de mettre en récit le monde.

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